dimanche 7 novembre 2010

16- Courir jusque dans le vide

Un arbre, sous une bourrasque de vent trop forte, perd de ses feuilles, comme un autre pleurerait d'un coup du destin trop tragique, ou comme un oiseau perd de ses plumes lorsqu'il est atteint d'une balle de fusil. C'est que le temps passe, les saisons défilent, défilent, défilent... Derrière nous, des brides d'âmes échappées pendant ces périodes où la faiblesse accable le corps entier. La vie, alors, est une longue liturgie, qui se répète dans les échos si particuliers des grandes églises. C'est l'ennui. Quelques fous y voient une poésie, prennent la décision alors d'y rester. Mais ils vivent heureux dans leur mélancolie, sont en paix devant les grands coups du destin; ils n'ont pas peur, ils sont calmes, on les envie presque. Mais les autres connaissent les printemps, le rétablissement tranquille et inespéré des choses. On avait osé ne plus y croire, certains l'avaient oublié et vraiment, lorsque l'ombre semble avoir enfin tout consommé, arrive cette bride de lumière, pour nous achever plus fortement, ou alors, pour nous raviver, juste à temps.

jeudi 4 novembre 2010

15- Quand je vais être grande, je serai...

Quand j'étais toute petite, je voulais être princesse. Après, quand on m'a dit que la vie de princesses était plutôt ennuyante, j'ai voulu devenir écrivaine. Après j'ai changé pour être vétérinaire, chanteuse, traductrice, caméraman, policière, psychologue, athlète/prof de gym/coach.

Quand je suis devenue un peu plus grande tout en étant encore petite, je me suis intéressée au corps policier et au travail social pour être profondément désillusionnée à mon adolescence, période propice à la découverte de ces services gouvernementaux, ma foi, surprenants...

Alors sans grande intention, je me suis inscrite au cégep, en arts et lettres, profil lettres où mes intentions de devenir écrivaines ont remontées à la surface. J'ai poursuivi en littérature à l'université où mon intérêt pour l'art à diminuer de façon considérable à chacune des nouvelles sessions entamées.

Heureusement, à travers mes cours d'arts, j'ai eu des cours d'anthropologie et de linguistique, j'ai découvert la langue allemande et arabe et j'ai travaillé comme tuteure auprès de jeunes et de moins jeunes de différentes cultures et nationalités.

J'ai trouvé ces échanges très enrichissants et stimulants. Ils permettaient de mettre en pratique mon côté créatif et de venir en aide à ceux qui en avait besoin, tout en développant une relation de confiance avec l'autre. Ma facilité à vulgariser et à synthétiser la matière, mon intérêt à l'écriture et aux langues et les multiples défis que rencontre un tuteur m'ont amené à clarifier mon choix de carrière.

Aujourd'hui encore, j'ai eu la confirmation que ce genre de travail était fait pour moi. La mère du petit garçon que j'aide m'a affirmé que celui-ci adorait les exercices que je lui préparais. Je remarque aussi que ses résultats, autant que ses efforts et sa motivation augmentent de semaines en semaines.

C'est pour cela que, quand je serai grande, je serai orthopédagogue!

jeudi 28 octobre 2010

Masturbation intellectuelle

J'ai relu une bonne partie de mes blogues. Ça m'a redonné le goût d'en écrire plus. D'écrire aussi. D'achever. De continuer. D'innover également. D'un peu de tout.

Il faut dire que je suis dans une passe de vieille minouche qui tricote devant des émissions pour filles à l'eau de rose du 21ème siècle (notez que XXI, ça ne fait plus 21ème). Y s'en faut de peu pour qu'un verre d'alcool et un bol de chips accompagnent mes soirées.

La dite émission, car elle mérite véritablement qu'on la nomme, c'est La Galère. Ce n'est pas un chef-d'œuvre, mais il y a un personnage, Stéphanie Valois, qui est une auteure. Alors... alors c'est ça. Ça donne le goût d'être dans ses culottes, si on peut dire.

Ces temps-ci, j'entends beaucoup parler de masturbation intellectuelle. On peut dire qu'entre mes pelotes de laine et La Galère, je me masturbe intellectuelle jusqu'à l'extrême. On peut presque appeler ça de la perversion intellectuelle tellement je suis into in sans vraiment avoir l'envie de l'être. Du sado-masochisme intellectuel, tiens.

Trois cours de Cégep@Distance en parallèle à trois cours universitaires. L'ironie dans tous ça, c'est que je trouve mes cours de cégep beaucoup plus difficile que ceux de l'université et que même si je déteste les stats et la bio, je suis plus motivée à les terminer que de me rendre aux cours universitaires que j'ai choisi pour terminer mon certificat en création...

Si c'est pas de la masturbation sado-masochisme intellectuelle, ça...!

Alors question de "décompresser", j'écoute La Galère en tricotant des pantoufles que mon chum souhaite avoir avant la fin de l'hiver, en rêvant à recommencer à écrire, tout en bouffant un peu trop pour compenser mon manque de stimulation d'endorphines et en maudissant le cégep de me prendre tellement de temps que je n'en trouve plus pour aller faire fondre les calories que j'ingurgite en trop.

OUF! Méchante phrase. Ça doit être l'effet de la masturbation.

13- As it was never me

Almost two years ago, I've wrote this:

"L'autre fois, une journée complète à faire l'amour sous les couvertures, à regarder les ombres du jour courir sur le visage de l'autre, à se toucher, à s'aimer, à parler de choses et d'autre."

And so many things have been wrote before and after. Mais après... un long silence.

For a long time, no words came out of my mine to hit a white space. And now, as if I wake up from a long coma, I read things that I wrote before as it was never me.

Because some are too beautiful, and some others, too disgusting...

samedi 16 octobre 2010

12- Djihad

Tendre la main et recevoir le fouet,
Donner alors l'autre joue,
Comme, dans la Bible, on nous l'enseignait.

Tourner la paume vers le ciel,
Recevoir colère et chagrin,
Revenir, l’échine courbée, couverte de fiel.

Tenter d’éclaircir des taches,
Et se noircir les mains,
L’esprit doute… par un sentiment lâche?

Tendre la main et recevoir le fouet,
Grincer des dents,
Par une amnésie d’un moment.

Tourner la paume vers un autre ciel,
Recevoir bénédiction et félicité,
Enfin, de ce fiel, être libérée.

Oublier ces taches passionnelles,
Et se blanchir les mains,
L’esprit bénit, libre par la possibilité d’un djihad personnel.

-

De l'arabe, djihad signifie "exercer la force". Le plus haut des djihad est le djihad du coeur, djihad personnel, qui mande à celui qui le fait de se faire violence devant les choses qui pourraient le faire défaillir du droit chemin, d'un chemin moral. Dans le Coran, il est permis de faire djihad quand l'honneur, la terre, et les choses sacrées i.e. la religion sont menacés.

Faire djihad ne signifie pas nécessairement prendre les armes et déclarer la guerre. Le djihad (force) peut se faire sous forme de revendication des droits, d'affirmation de soi, de débats, de rétablissements de faits, parfois de retrait, etc.

"Le djihad sur le sentier d'Allah sert uniquement à la défense de la terre, de l'honneur et des choses sacrées..." Youssef al-Qardawi.

Certaines choses dans ma vie ont été bafouées. J'ai souvent perdu mon honneur, ma terre n'a pas toujours été respectée et je vois quelques-unes des choses sacrées de ma vie être menacée. Je ne veux plus de ça.

mardi 7 septembre 2010

11-

Un ami m'a envoyé ceci:

Ce qui appartient le plus particulièrement aux Anglais, c’est la disposition de leurs jardins. Ils y montrent, à mon avis, le même génie que dans leur littérature. En voyant ces beaux parcs, dessinés sans règle ni compas, ces points de vue si adroitement aménagés, ces eaux, ces ombrages si heureusement distribués, ces allées dont les contours sont si natu­rels et si gracieux, enfin cette verdure et ces fleurs, objets d’un culte presque idolâtre, on reconnaît un peuple chez lequel la sensibilité est plus développée que l’imagination, et qui trouve dans la simple obser­vation de la nature des jouissances que d’autres peuples doivent à la culture des arts. Dans le Midi, au contraire, les jardins manquent pour ainsi dire de naturel parce que l’imagination seule les com­pose et y porte cet idéal qui n’est placé que dans les arts. De là ces terrasses, ces profusions de marbres et de statues, ces eaux dormantes et toute cette symétrie des tristes jardins d’Italie, qu’on pourrait appeler des jardins architecturaux. En France, on a voulu longtemps allier les deux genres, et l’on n’est parvenu qu’à donner un peu plus de noblesse au second ; mais les Anglais seuls possèdent le vrai goût, parce qu’eux seuls naissent avec l’amour et le sentiment de la chose ; les beautés de leurs jardins sont nationales comme celles de Milton, de Shakes­peare, de Dryden ou de Thomson. La nature est leur muse, comme l’imagination est la nôtre. Partout, ils remplacent l’idéal par la contemplation.

Leurs ouvrages en littérature, même leurs livres les plus sérieux, pèchent presque toujours par le plan, l’ordonnance et la méthode. Leur langue aussi, quoi qu’on en dise, me paraît présenter le même caractère, et en avoir les mêmes défauts. On reviendra du préjugé qui fait appeler richesse cette abondance de mots, cette variété d’épithètes qui caractérisent les langues du Nord. Les langues avares de mots, claires et concises, telles que la nôtre, sont certai­nement moins commodes, mais plus parfaites. La médiocrité seule, qu’elles découragent, a le droit de se plaindre. Il faut en quelque sorte avoir quelque chose à dire pour les parler et de bonnes choses à dire pour les bien écrire. Ces entraves qu’on leur reproche révèlent au talent sa force, en le contraignant à l’employer. Sans ces entraves salutaires, la nonchalance inhérente à notre nature, à laquelle le Génie même est sujet, empêcherait l’esprit de l’homme d’arriver jusqu’où il peut atteindre. L’effort par lequel Pascal et Bossuet s’élèvent au-dessus des règles les rend sublimes, tandis qu’un génie médiocre s’arrête devant ces mêmes règles, ou ne fait que les violer.

Mathieu Molé Souvenirs de jeunesse 1793-1803

jeudi 2 septembre 2010

10-

Tu es comme cette fraîcheur, un matin de rosée d'automne. Douce et poignante, énergisante, presque agressante.
Tu es cette fureur un soir d'orage, mais aussi l'immobilité des foyers heureux en ce temps.
Tu es cette déchirante beauté, où l'émerveillement se heurte à l'intimidation du feu d'un volcan.
Tu es un ouragan, à l'intérieur même de mes veines,
une catastrophe à mes yeux aveugles,
un souffle à mes poumons asphyxiés.
Tu es l'homme qui me fait chanceler, exprès pour me fortifier. Tu es l'homme que j'hais suffisamment pour tenter de le battre à son jeu, mais aussi celui que j'aime assez pour rendre les armes avant la fatale victoire.
Tu es le feu du phénix, l'enflammeur, le destructeur, le reconstructeur.
La préciosité d'une orchidée, son infaillible beauté, son arrogance, l'audace de sa dominance.
Tu es le fou, le roi, le dominant. Le docteur, l'amoureux, le conquérant. Le guerrier, le malfaiteur, le sage. L'intelligent, le patient, le croyant.
Et moi... la peur, seulement.