Je me suis inscrite dans un baccalauréat en linguistique et en psychologie avec l'idée de venir en aide à ceux qui ont de la difficulté ou des problèmes au niveau linguistique et éventuellement, de faire de la recherche au niveau du comportement humain et de son langage, du genre: à quel point la représentation linguistique visuelle ou auditive, affecte notre comportement ou vision du monde.
Je savais bien qu'en choisissant ce bac, j'aurai à étudier le cerveau. Ça ne me plaisait guère et même, ça me faisait peur. Mes expériences avec la biologie/chimie/physique au secondaire ont été très difficiles et pénibles. J'y comprenais rien et franchement, toutes ses théories m'ennuyaient à mourir. Ça avait été tellement traumatisant pour moi que j'ai même pensé oublier ce champ d'étude et focaliser sur autre chose...
À bien y réfléchir, c'est un peu incroyable que je me sois retrouvée dans ce genre programme de science! Mais le plus incroyable, c'est que je n'en suis qu'à ma deuxième semaine de cours à l'université dans ce programme et je suis tombée complètement en amour avec la neurologie. En amour à un point fou! J'ai un gros manuel, du genre encyclopédies de dinosaures pour enfants. Il m'a coûté tellement cher que j'ai -encore!- remis mes études en question. J'ai été encore plus découragée quand je me suis aperçue qu'on allait lire seulement quelques pages. Et ben, ce manuel, je me trimballe avec partout, j'adore le lire en public et j'ai bien l'intention de passer au travers!!!
Un jour, un homme m'a dit ceci: "Vise les étoiles, au pire, tu te retrouveras sur la lune." Il s'appelait Leonardo Da Vinci.
samedi 15 janvier 2011
vendredi 14 janvier 2011
37- Le semi-développé
Hier soir, je suis retournée dans mon village natale. Bien que son statut soit passé depuis longtemps à celui de "ville", dans ma tête, ça s'affichait comme un véritable village. Encore plus qu'avant.
J'ai vu défilé à travers les vitres de l'autobus les mêmes magasins de ma jeunesse: "Les p'tites aubaines", le "Marché aux puces", le magasin de tissus, la bijouterie avec la même enseigne lumineuse, etc.
Mais pire encore, j'ai pu constater que l'efficacité du réseau de transport en commun avait régressé... j'ai même eu peur de ne pas trouver d'autobus qui reviennent à Montréal. On m'a proposé de partir au métro Laval pour 4,15$, plus un autre 2-3$ ticket pour Laval (parce que c'est des cons). À ce prix-là... t'es pas rendu loin d'un taxi... Alors j'ai attendu 45 minutes pour qu'un bus me drop littéralement à Montréal. À peine il est entré sur l'île, qu'il était déjà sorti. Aucune galanterie; même à -40, il ne nous amènerait pas au métro Henri-Bourassa... comme avant.
Ce que j'ai remarqué aussi sur mon chemin du retour que j'ai fait à pied parce qu'il n'y avait pas d'autobus, c'est que l'état des routes est la même qu'il y a huit ans. Là où y'avait un tas de garnotte qui m'a fait bêcher plus d'une fois en roller blade, ben... y'a encore un tas de garnotte. Les gros trous n'ont pas été bouchés, les "effondrements" de trottoirs s'agrandissent et rien n'est à prévoir pour réparer cette route PRINCIPALE...
Alors après payé pour un transport en commun de marde, après avoir marché 30 minutes dans le froid faute d'autobus -ou de taxis-, après avoir attendu 30 minutes au terminus pour me faire déposer sur un coin de rue perdu à Montréal, j'en suis venue à cette conclusion: je déteste les villes et villages à semi-développer.
J'ai vu défilé à travers les vitres de l'autobus les mêmes magasins de ma jeunesse: "Les p'tites aubaines", le "Marché aux puces", le magasin de tissus, la bijouterie avec la même enseigne lumineuse, etc.
Mais pire encore, j'ai pu constater que l'efficacité du réseau de transport en commun avait régressé... j'ai même eu peur de ne pas trouver d'autobus qui reviennent à Montréal. On m'a proposé de partir au métro Laval pour 4,15$, plus un autre 2-3$ ticket pour Laval (parce que c'est des cons). À ce prix-là... t'es pas rendu loin d'un taxi... Alors j'ai attendu 45 minutes pour qu'un bus me drop littéralement à Montréal. À peine il est entré sur l'île, qu'il était déjà sorti. Aucune galanterie; même à -40, il ne nous amènerait pas au métro Henri-Bourassa... comme avant.
Ce que j'ai remarqué aussi sur mon chemin du retour que j'ai fait à pied parce qu'il n'y avait pas d'autobus, c'est que l'état des routes est la même qu'il y a huit ans. Là où y'avait un tas de garnotte qui m'a fait bêcher plus d'une fois en roller blade, ben... y'a encore un tas de garnotte. Les gros trous n'ont pas été bouchés, les "effondrements" de trottoirs s'agrandissent et rien n'est à prévoir pour réparer cette route PRINCIPALE...
Alors après payé pour un transport en commun de marde, après avoir marché 30 minutes dans le froid faute d'autobus -ou de taxis-, après avoir attendu 30 minutes au terminus pour me faire déposer sur un coin de rue perdu à Montréal, j'en suis venue à cette conclusion: je déteste les villes et villages à semi-développer.
mercredi 12 janvier 2011
36- Mon facteur
Mon facteur semble être une personne spéciale. Alors que la plupart ne se contentent que de déposer les enveloppes aux endroits appropriés, lui semble définitivement souffrir du contact humain et cherche la moindre occasion pour sonner à ma porte.
La première fois, c'était pour m'engueuler sur une erreur qu'il y avait dans mon adresse. "Là, là! Mademoiselle, il faudrait que vous avertissez cet expéditeur que votre adresse n'est pas la bonne!"
Sur ce, il m'avait remis mon courrier en main propre et était parti en me souhaitant bonne journée. Je n'avais même pas eu le temps de lui dire quoi que ce soit qu'il avait déjà les pieds sur le trottoir...
Aujourd'hui, c'est la sonnerie de la porte qui me tire du lit. Monsieur le facteur est au pied de la porte et s'amuse de mon air matinal! Il me demande si je me suis envoyée à moi-même une enveloppe (comment a-t-il fait pour savoir que c'était moi qui avait écrit mon adresse??!) Je réponds que c'est une enveloppe affranchie pour un renvoi de devoir universitaire et là, il m'explique que si ça avait été pour des droits d'auteurs, il aurait fallu faire autrement.
Mais le plus surprenant, c'est qu'après avoir terminé avec ça, il me demande si je commente parfois les articles du journal le Devoir. "Pardon?!" Il me répond en me sortant le nom d'un journaliste, celui que j'ai blâmé publiquement son manque de professionnalisme. Je lui ai même écrit personnellement sur son adresse courriel tant j'étais indignée de son ton subjectif vis-à-vis une certaine communauté.
J'ai pas cru mes yeux que mon facteur me reconnaisse. "Oui! Oui! Ton nom m'a sauté aux yeux; ça me disait quelque chose!" Ha bon... d'accord!
Internet est vraiment, vraiment surprenant...
La première fois, c'était pour m'engueuler sur une erreur qu'il y avait dans mon adresse. "Là, là! Mademoiselle, il faudrait que vous avertissez cet expéditeur que votre adresse n'est pas la bonne!"
Sur ce, il m'avait remis mon courrier en main propre et était parti en me souhaitant bonne journée. Je n'avais même pas eu le temps de lui dire quoi que ce soit qu'il avait déjà les pieds sur le trottoir...
Aujourd'hui, c'est la sonnerie de la porte qui me tire du lit. Monsieur le facteur est au pied de la porte et s'amuse de mon air matinal! Il me demande si je me suis envoyée à moi-même une enveloppe (comment a-t-il fait pour savoir que c'était moi qui avait écrit mon adresse??!) Je réponds que c'est une enveloppe affranchie pour un renvoi de devoir universitaire et là, il m'explique que si ça avait été pour des droits d'auteurs, il aurait fallu faire autrement.
Mais le plus surprenant, c'est qu'après avoir terminé avec ça, il me demande si je commente parfois les articles du journal le Devoir. "Pardon?!" Il me répond en me sortant le nom d'un journaliste, celui que j'ai blâmé publiquement son manque de professionnalisme. Je lui ai même écrit personnellement sur son adresse courriel tant j'étais indignée de son ton subjectif vis-à-vis une certaine communauté.
J'ai pas cru mes yeux que mon facteur me reconnaisse. "Oui! Oui! Ton nom m'a sauté aux yeux; ça me disait quelque chose!" Ha bon... d'accord!
Internet est vraiment, vraiment surprenant...
mardi 11 janvier 2011
35- L'incertitude
Ça a commencé par un mensonge. Un tout petit mensonge. Qui a fait mal physiquement. Un peu de sang. Même pas besoin de pansement. Je suis grande. Mais il y a eu quand même une larme. Et après, quand il a vu ma faiblesse, je l'ai accusé. Les mots sont sortis tout croche, comme d'habitude. Et là, c'est moi qui l'a heurté. Depuis, malgré les mots, il y a un silence accablant entre nous.
Moi, je suis épuisée de mon côté et cette lassitude m'envahit avec ce doute terrible que tout ce temps passé ensemble passera et terminera dans mon passé à venir...
Toujours ce découragement devant l'incertitude...
Moi, je suis épuisée de mon côté et cette lassitude m'envahit avec ce doute terrible que tout ce temps passé ensemble passera et terminera dans mon passé à venir...
Toujours ce découragement devant l'incertitude...
vendredi 7 janvier 2011
34- En souvenir d'un temps
J'ai envie de retrouver cette attitude désinvolte, souple et heureuse que j'avais au cégep, quand j'ai commencé à habiter en appartement. Je me sentais grande dans mon appartement, ou petite comme dans le temps où je faisais semblant de tenir une maison, de faire à manger et de m'occuper d'un bébé.
Aujourd'hui, je me suis sentie un peu comme ça, en achetant mes bottes d'hiver. C'est la première fois que j'en achète en cuir et qui monte jusqu'au dessous des genoux, du genre, un peu "madame" ou "grande personne"! Alors je me sentais très femme quand même avec mes bottes d'hiver.
Ça faisait longtemps que je ne m'étais pas acheté quelque chose de "nouveau" pour moi. Et ça m'a rappelé cette période au cégep où, quand j'achetais de nouveaux articles ménagers, je sentais que "m'installais", que "j'acquérais" quelque chose d'utile, de nécessaire, d'obligatoire à la vie de "grande personne"!!
Je sais, c'est con et c'est dans ma tête! Mais on a tous des références de ce qu'est un adulte quand on est jeune et adolescent. Moi, c'était par rapport au chose que j'avais dans mon appartement (donc plus besoin de demander à maman pour avoir un marteau ou d'aller à la buanderie, comme le cliché de l'étudiant, par exemple!)
Aujourd'hui, je me suis sentie un peu comme ça, en achetant mes bottes d'hiver. C'est la première fois que j'en achète en cuir et qui monte jusqu'au dessous des genoux, du genre, un peu "madame" ou "grande personne"! Alors je me sentais très femme quand même avec mes bottes d'hiver.
Ça faisait longtemps que je ne m'étais pas acheté quelque chose de "nouveau" pour moi. Et ça m'a rappelé cette période au cégep où, quand j'achetais de nouveaux articles ménagers, je sentais que "m'installais", que "j'acquérais" quelque chose d'utile, de nécessaire, d'obligatoire à la vie de "grande personne"!!
Je sais, c'est con et c'est dans ma tête! Mais on a tous des références de ce qu'est un adulte quand on est jeune et adolescent. Moi, c'était par rapport au chose que j'avais dans mon appartement (donc plus besoin de demander à maman pour avoir un marteau ou d'aller à la buanderie, comme le cliché de l'étudiant, par exemple!)
jeudi 6 janvier 2011
33-
Je reviens des vacances, enchantée, énergique, vivante, nouvelle.
Il y a tant à faire: le ménage, le lavage, la facture de Bell qui niaise encore, vérifier les soldes des deux cartes de crédit...
Il y a tant à faire, et pourtant, ça ne me dérange pas.
En vacances, j'ai décroché de mon affreuse To Do List. L'horrible chose à la source même de mon stress et de mon angoisse constante.
En vacances, j'ai vu des Noirs et des Blancs, ensemble, dans un village. Les enfants jouaient ensemble. Et ce n'était pas les Blancs contre les Noirs. Ça me faisait tout drôle. J'ai trouvé ça beau.
Ensuite, j'ai vu des Noirs et des Blancs, qui se partageait un village. Des adultes travaillant comme des machines. Les Noirs envahissaient le village dès que les Blancs partait tôt le matin pour payer leur grosse maison sur le bord de l'eau. On ne voyait que le fantôme de ces peaux blanches, circulant le soir à bord de leur grosse voiture sur une minuscule petite île perdue dans les Caraïbes. Ça n'avait pas de sens. Les Noirs, eux, marchaient ou roulaient à bicyclette, même si leur journée sur le terrain avait été pénible. Ils nous souriaient pourtant encore quand on passait à leur côté.
En traversant les villages des Noirs, le jour ou le soir, il y avait ces hommes ou ces femmes, assis là, comme s'ils attendaient qu'une voiture passe pour la saluer. Ils nous saluaient tous, sans exception. De la main, de la bouche et des yeux.
Les Blancs, eux, dans leur voiturette de golf, ne levait que le doigt du volant quand ils croisaient quelqu'un sur leur chemin en direction de leur maison.
On trouvait ça drôle, mais on n'avait pas cette envie de s'arrêter pour aller leur parler. Et les Blancs avec les grosses voitures roulaient trop vite vers chez eux pour nous voir...
Enfin, j'ai compris la différence entre ces villages de Blancs où les Noirs venaient lorsque les Blancs partaient et ces villages de Noirs, où les Blancs s'amusaient avec les Noirs, également.
C'est que les Blancs errent comme des fantômes. Ils errent sans but dans la vie dans leur grosse voiture pour se faire remarquer, parce qu'ils savent qu'ils ne sont rien. Alors il faut se faire voir, par tous les moyens. Eux, les Noirs, ils errent aussi dans la vie, comme tous les êtres vivants sur la Terre. Seulement, ils ne cherchent pas à se faire remarquer. Ils savent que peu importe l'importance qu'on donne à quelque chose, elle reste futile: l'être humain est indéniablement inutile pour la nature, si ce n'est pas nuisible...
Il y a tant à faire: le ménage, le lavage, la facture de Bell qui niaise encore, vérifier les soldes des deux cartes de crédit...
Il y a tant à faire, et pourtant, ça ne me dérange pas.
En vacances, j'ai décroché de mon affreuse To Do List. L'horrible chose à la source même de mon stress et de mon angoisse constante.
En vacances, j'ai vu des Noirs et des Blancs, ensemble, dans un village. Les enfants jouaient ensemble. Et ce n'était pas les Blancs contre les Noirs. Ça me faisait tout drôle. J'ai trouvé ça beau.
Ensuite, j'ai vu des Noirs et des Blancs, qui se partageait un village. Des adultes travaillant comme des machines. Les Noirs envahissaient le village dès que les Blancs partait tôt le matin pour payer leur grosse maison sur le bord de l'eau. On ne voyait que le fantôme de ces peaux blanches, circulant le soir à bord de leur grosse voiture sur une minuscule petite île perdue dans les Caraïbes. Ça n'avait pas de sens. Les Noirs, eux, marchaient ou roulaient à bicyclette, même si leur journée sur le terrain avait été pénible. Ils nous souriaient pourtant encore quand on passait à leur côté.
En traversant les villages des Noirs, le jour ou le soir, il y avait ces hommes ou ces femmes, assis là, comme s'ils attendaient qu'une voiture passe pour la saluer. Ils nous saluaient tous, sans exception. De la main, de la bouche et des yeux.
Les Blancs, eux, dans leur voiturette de golf, ne levait que le doigt du volant quand ils croisaient quelqu'un sur leur chemin en direction de leur maison.
On trouvait ça drôle, mais on n'avait pas cette envie de s'arrêter pour aller leur parler. Et les Blancs avec les grosses voitures roulaient trop vite vers chez eux pour nous voir...
Enfin, j'ai compris la différence entre ces villages de Blancs où les Noirs venaient lorsque les Blancs partaient et ces villages de Noirs, où les Blancs s'amusaient avec les Noirs, également.
C'est que les Blancs errent comme des fantômes. Ils errent sans but dans la vie dans leur grosse voiture pour se faire remarquer, parce qu'ils savent qu'ils ne sont rien. Alors il faut se faire voir, par tous les moyens. Eux, les Noirs, ils errent aussi dans la vie, comme tous les êtres vivants sur la Terre. Seulement, ils ne cherchent pas à se faire remarquer. Ils savent que peu importe l'importance qu'on donne à quelque chose, elle reste futile: l'être humain est indéniablement inutile pour la nature, si ce n'est pas nuisible...
dimanche 19 décembre 2010
32- Le voile
Il m'arrive parfois de vouloir mettre le voile, le hijab, celui que tellement de gens déteste sans savoir pourquoi. Ça m'arrive, oui. Peut-être parce que je trouve ça beau. Peut-être aussi pour choquer. J'ai toujours un peu aimer provoquer.
L'hiver, c'est particulièrement bien, ça tient au chaud. L'été aussi, c'est bien, ça protège du soleil. Et avec un hijab clair, ça tient au frais, comme une casquette.
Je sais pas pourquoi, j'ai l'impression qu'avec un hijab, les choses seraient plus simples.
La religion islamique est magnifique. Mon chum est une personne exceptionnelle, comme j'en ai jamais rencontré avant. Dans certains trucs, il me semble presque surhumain! À ses côtés, je me suis rendue compte de la futilité du mode de vie des Québécois, en général.
Bon, je n'ai jamais été très, très proche de la culture/tradition québécoise (même si j'en suis une!) mais je n'ai jamais pu y mettre une explication. C'est en discutant de tout et de rien avec mon chum que, tranquillement pas vite, je me suis rendue compte des choses qui clochaient dans notre façon de voir la vie et d'évaluer nos priorités.
Il y a quelques familles québécoises qui m'impressionnent, tant je les trouve belles, simples et unies. Elles sont incroyablement magnifiques, celles-là. Cependant, elles font exception dans mon entourage et même, dans mon entourage éloigné. Partout où je regarde, je n'arrive pas à trouver un modèle exemplaire chez les Québécois. J'ai plutôt tendance à m'éloigner d'eux. Et d'ailleurs, je parle des Québécois comme si je n'en faisais pas partie...
C'est en ce sens que je me sens plus musulmane que Québécoise, bien qu'être un n'empêche pas l'autre. Les valeurs de la religion musulmane me sont plus proches que celles des Québécois, mais j'ai beaucoup de difficulté à percevoir un Dieu qui "parle". Je vois tant de défauts à travers les livres sacrés. Des défauts linguistiques, philosophiques et logiques.
Il y a des gens qui ont la foi et d'autres pas. Il n'y a pas d'intermédiaire. On croit ou on ne croit pas. Ensuite, on peut pratiquer un peu, beaucoup, passionnément, "extrêmistement". Avec ou sans la foi. Je ne crois pas en Allah comme le Coran l'entend, mais je pense souvent à Dieu. Je lui demande son aide, je ne bois plus l'alcool (mais c'est vrai que j'ai quelques petites rechutes parfois!), je mange halal (la nourriture halal interdit le mauvais traitement des animaux), je m'habille sobrement, je prends soin de moi, j'ai confiance en moi aussi, etc.
C'est un mode de vie qui me convient mieux. C'est un mode de vie que je voudrais donner à mes enfants aussi. La question de la religion, de la foi, elle passe après. Le plus important à mes yeux, c'est qu'ils vivent bien et correctement, de cette façon-là. Mais certainement qu'ils sauront que ça vient pas de la société québécoise, mais plutôt des musulmans...
L'hiver, c'est particulièrement bien, ça tient au chaud. L'été aussi, c'est bien, ça protège du soleil. Et avec un hijab clair, ça tient au frais, comme une casquette.
Je sais pas pourquoi, j'ai l'impression qu'avec un hijab, les choses seraient plus simples.
La religion islamique est magnifique. Mon chum est une personne exceptionnelle, comme j'en ai jamais rencontré avant. Dans certains trucs, il me semble presque surhumain! À ses côtés, je me suis rendue compte de la futilité du mode de vie des Québécois, en général.
Bon, je n'ai jamais été très, très proche de la culture/tradition québécoise (même si j'en suis une!) mais je n'ai jamais pu y mettre une explication. C'est en discutant de tout et de rien avec mon chum que, tranquillement pas vite, je me suis rendue compte des choses qui clochaient dans notre façon de voir la vie et d'évaluer nos priorités.
Il y a quelques familles québécoises qui m'impressionnent, tant je les trouve belles, simples et unies. Elles sont incroyablement magnifiques, celles-là. Cependant, elles font exception dans mon entourage et même, dans mon entourage éloigné. Partout où je regarde, je n'arrive pas à trouver un modèle exemplaire chez les Québécois. J'ai plutôt tendance à m'éloigner d'eux. Et d'ailleurs, je parle des Québécois comme si je n'en faisais pas partie...
C'est en ce sens que je me sens plus musulmane que Québécoise, bien qu'être un n'empêche pas l'autre. Les valeurs de la religion musulmane me sont plus proches que celles des Québécois, mais j'ai beaucoup de difficulté à percevoir un Dieu qui "parle". Je vois tant de défauts à travers les livres sacrés. Des défauts linguistiques, philosophiques et logiques.
Il y a des gens qui ont la foi et d'autres pas. Il n'y a pas d'intermédiaire. On croit ou on ne croit pas. Ensuite, on peut pratiquer un peu, beaucoup, passionnément, "extrêmistement". Avec ou sans la foi. Je ne crois pas en Allah comme le Coran l'entend, mais je pense souvent à Dieu. Je lui demande son aide, je ne bois plus l'alcool (mais c'est vrai que j'ai quelques petites rechutes parfois!), je mange halal (la nourriture halal interdit le mauvais traitement des animaux), je m'habille sobrement, je prends soin de moi, j'ai confiance en moi aussi, etc.
C'est un mode de vie qui me convient mieux. C'est un mode de vie que je voudrais donner à mes enfants aussi. La question de la religion, de la foi, elle passe après. Le plus important à mes yeux, c'est qu'ils vivent bien et correctement, de cette façon-là. Mais certainement qu'ils sauront que ça vient pas de la société québécoise, mais plutôt des musulmans...
dimanche 12 décembre 2010
31- Mauvaise idée
Quand j'étais plus jeune, j'avais essayé à deux ou trois reprises la pilule. Ça ne m'avait jamais fait. Avant même de commencer, je n'aimais pas ça. Alors en la prenant...
Et depuis ce temps, à chaque année, comme une bonne vieille routine, mon médecin me demande: "Et la pilule?" et moi je réponds: "Non merci." S'en suit alors une longue discussion sur les risques d'une grossesse, etc. Elle fait son travail, je l'écoute patiemment et puis on passe de l'autre côté du bureau.
Mais là, il y avait les Bahamas. Come on! Ça vaut bien un p'tit effort d'un mois pour éviter une semaine dans le rouge.
Alors j'appelle mon médecin et elle, tout excitée, m'envoie la prescription presque en courrier recommandé tant elle est heureuse de ma capitulation à mon entêtement. Je vais à la pharmacie, paie les 32$ de deux mois de comprimés en soupirant et m'éloigne avec ma plaquette d'hormones féminines.
Écoutez... déjà, une fin de session, c'est difficile, mais en plus, quand tes hormones sont chamboulées, c'est in-sou-te-na-ble. Trois jours de nausées et de maux de tête m'ont décidé à arrêter ça pour tout le restant de ma vie. C'est pire qu'arrêter de fumer, j'en suis sûre.
Et depuis ce temps, à chaque année, comme une bonne vieille routine, mon médecin me demande: "Et la pilule?" et moi je réponds: "Non merci." S'en suit alors une longue discussion sur les risques d'une grossesse, etc. Elle fait son travail, je l'écoute patiemment et puis on passe de l'autre côté du bureau.
Mais là, il y avait les Bahamas. Come on! Ça vaut bien un p'tit effort d'un mois pour éviter une semaine dans le rouge.
Alors j'appelle mon médecin et elle, tout excitée, m'envoie la prescription presque en courrier recommandé tant elle est heureuse de ma capitulation à mon entêtement. Je vais à la pharmacie, paie les 32$ de deux mois de comprimés en soupirant et m'éloigne avec ma plaquette d'hormones féminines.
Écoutez... déjà, une fin de session, c'est difficile, mais en plus, quand tes hormones sont chamboulées, c'est in-sou-te-na-ble. Trois jours de nausées et de maux de tête m'ont décidé à arrêter ça pour tout le restant de ma vie. C'est pire qu'arrêter de fumer, j'en suis sûre.
jeudi 9 décembre 2010
30- La faiblesse du Père Noël
Hier, ma Grand-Mère rencontrait le Père Noël à son centre. Elle en a été si excitée qu'elle a fait une chute de pression. Chaleur, sueur, faiblesse, etc. Enfin... on a dit que c'était à cause du Père Noël qu'elle s'était sentie si faible soudainement. On l'a dit, pour rire, mais la réalité, c'est qu'elle est vieille.
Ce qui m'attriste, ce n'est pas qu'elle meurt. Ce qui m'attriste, c'est que sa fin de vie sera remplie d'un jargon médical qu'elle comprendra de moins en moins. Elle sera seule dans un monde extraterrestre. On lui branchera des machines dans le corps et de temps en temps, des figures vaguement familières apparaîtront comme des mirages au pied de son lit. Ce sera nous, une fois par semaine (c'est un minimum), mais elle ne s'en rappellera plus.
J'avais envoyé un SMS à ma mère, pour lui dire que j'avais parlé à l'infirmière en chef de son centre. Cette madame de 45 ans me prenait de haut: "T'as quel âge, toi?! Parce que moi, j'ai 45 ans, je suis infirmière et j'en prendrais pas de personnes âgées chez moi."
Oui, mais on n'est pas tous pareil. En tant que moindrement éduquée, l'infirmière devrait le savoir, ça. Et puis j'ai un père qui s'est suicidé tellement il était mal. Maladie mentale ou non, je sais que la tristesse, ça peut mener loin. Ça aussi, c'est pas difficile à comprendre, surtout quand on a un diplôme. Ça me donne envie de sacrer.
De lui cracher dessus.
Je deviens méchante avec les personnes qui se sentent meilleures que moi et qui oublient l'intérêt des plus faibles. J'ai envoyé promener le dealer de lithium de la sœur quand ce docteur m'a dit que je souffrais fort probablement de bipolarité, comme elle, comme mon père aussi, sans doute.
Dans tous les cas, il a fallu que je demande moi-même à ma mère si elle avait reçu mon SMS. Elle a dit: "Oui, on en reparlera. Je vois beaucoup d'inconvénients. Et des gros, à part de ça."
Dans la tête à ma mère, je suis naïve parce que j'optimise et elle, elle négative. Mais quand même, je vois dans toute son attitude un mince espoir. Je dois la faire rêver, ce qui n'a pas du lui arriver très, très souvent, ces derniers temps.
Mais elle a peur d'optimiser. Vous savez, elle a été tellement désillusionnée dans sa vie...! Alors on ne s'en est pas reparlé. J'ai envie de la traiter d'idiote.
Ma mère a envoyé un courriel à mon frère, à ma sœur et à moi pour savoir ce qu'on voulait comme cadeaux de Noël. J'ai pensé l'ignoré, mais elle nous a menacé de pantoufles de chien et de pyjamas de canard si on ne lui donnait pas de réponse avant demain.
Je savais que la question viendrait et j'y ai pensé. Ce que j'aimerais, ça serait que ma mère devienne honnête. Et avec elle, et avec moi, et tout son entourage. Il me semble que ça irait tellement mieux après. Mais après, j'ai pensé: l'honnêteté, ça s'emballe pas, alors elle ne comprenait pas comment répondre à ma demande. Pour lui faire plaisir, j'ai répondu: des certificats cadeaux: université, métro, SecondCup, linge. Mais moi, ça ne me fait pas plaisir.
Ce matin, il y avait encore dans la barre de recherche Google: Couper lez ponts avec sa famille. Je n'ai trouvé qu'un seul article moyennement intéressant, hier. Mais ça faisait du sens, quand même. Ma mère m'épuise, ma mère m'intoxique, ma mère ne m'apporte rien. Ce sont des raisons suffisantes pour éloigner une personne de moi.
Et ma mère, s'est aussi une personne.
Ce qui m'attriste, ce n'est pas qu'elle meurt. Ce qui m'attriste, c'est que sa fin de vie sera remplie d'un jargon médical qu'elle comprendra de moins en moins. Elle sera seule dans un monde extraterrestre. On lui branchera des machines dans le corps et de temps en temps, des figures vaguement familières apparaîtront comme des mirages au pied de son lit. Ce sera nous, une fois par semaine (c'est un minimum), mais elle ne s'en rappellera plus.
J'avais envoyé un SMS à ma mère, pour lui dire que j'avais parlé à l'infirmière en chef de son centre. Cette madame de 45 ans me prenait de haut: "T'as quel âge, toi?! Parce que moi, j'ai 45 ans, je suis infirmière et j'en prendrais pas de personnes âgées chez moi."
Oui, mais on n'est pas tous pareil. En tant que moindrement éduquée, l'infirmière devrait le savoir, ça. Et puis j'ai un père qui s'est suicidé tellement il était mal. Maladie mentale ou non, je sais que la tristesse, ça peut mener loin. Ça aussi, c'est pas difficile à comprendre, surtout quand on a un diplôme. Ça me donne envie de sacrer.
De lui cracher dessus.
Je deviens méchante avec les personnes qui se sentent meilleures que moi et qui oublient l'intérêt des plus faibles. J'ai envoyé promener le dealer de lithium de la sœur quand ce docteur m'a dit que je souffrais fort probablement de bipolarité, comme elle, comme mon père aussi, sans doute.
Dans tous les cas, il a fallu que je demande moi-même à ma mère si elle avait reçu mon SMS. Elle a dit: "Oui, on en reparlera. Je vois beaucoup d'inconvénients. Et des gros, à part de ça."
Dans la tête à ma mère, je suis naïve parce que j'optimise et elle, elle négative. Mais quand même, je vois dans toute son attitude un mince espoir. Je dois la faire rêver, ce qui n'a pas du lui arriver très, très souvent, ces derniers temps.
Mais elle a peur d'optimiser. Vous savez, elle a été tellement désillusionnée dans sa vie...! Alors on ne s'en est pas reparlé. J'ai envie de la traiter d'idiote.
Ma mère a envoyé un courriel à mon frère, à ma sœur et à moi pour savoir ce qu'on voulait comme cadeaux de Noël. J'ai pensé l'ignoré, mais elle nous a menacé de pantoufles de chien et de pyjamas de canard si on ne lui donnait pas de réponse avant demain.
Je savais que la question viendrait et j'y ai pensé. Ce que j'aimerais, ça serait que ma mère devienne honnête. Et avec elle, et avec moi, et tout son entourage. Il me semble que ça irait tellement mieux après. Mais après, j'ai pensé: l'honnêteté, ça s'emballe pas, alors elle ne comprenait pas comment répondre à ma demande. Pour lui faire plaisir, j'ai répondu: des certificats cadeaux: université, métro, SecondCup, linge. Mais moi, ça ne me fait pas plaisir.
Ce matin, il y avait encore dans la barre de recherche Google: Couper lez ponts avec sa famille. Je n'ai trouvé qu'un seul article moyennement intéressant, hier. Mais ça faisait du sens, quand même. Ma mère m'épuise, ma mère m'intoxique, ma mère ne m'apporte rien. Ce sont des raisons suffisantes pour éloigner une personne de moi.
Et ma mère, s'est aussi une personne.
mardi 7 décembre 2010
29- Grand-Maman
J'ai décidé de prendre soin de ma grand-mère. Je veux dire, d'aménager avec elle dans un nouvel appartement. Pour prendre soin d'elle 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. Ou presque.
Ce ne sera pas toujours facile, mais l'image d'elle, couchée sur son lit, incapable de se lever et qui attendait que le temps passe... c'était trop difficile à supporter.
Vraiment.
J'ai eu cette idée-là pendant deux-trois jours. Après j'en ai parlé à mon chum, qui était d'accord et qui m'encourageait. Après, deux jours plus tard, incapable de me retenir plus longtemps, j'en ai parlé à ma mère.
Je m'attendais à des protestations de tout genre, des "non" à n'en plus finir, une autre bataille à entamer.
Je lui ai dit, avant d'en parler, de ne pas monter sur ses grands chevaux et que j'étais consciente qu'il y avait encore beaucoup de choses à considérer. Cependant, j'avais bien réfléchi et j'étais déterminé, dans la mesure du possible, à prendre soin de ma grand-mère.
Et elle a dit qu'elle était impressionnée que j'aie eu une idée comme ça, et qu'elle me remerciait de la proposition que je faisais. Et elle a conclu: "Mais ce n'est à moi de décider. C'est au personnel médical. C'est eux qui pourront nous dire si c'est quelque chose de possible ou non."
Le plus surprenant, dans notre conversation, c'est qu'elle aie compris mon principal argument: "On peut rien faire contre la maladie, à part accepter que ça va aller de mal en pire. La chose qu'on peut faire cependant, c'est de l'accompagner dans cette maladie et de lui tenir compagnie quand elle souffre trop. C'est préférable qu'elle vive heureuse deux ans de moins chez moi que triste et désespérée deux ans de plus dans un centre."
Et elle a compris tout ça. "On prendra des rendez-vous avec des spécialistes pour voir si c'est possible."
Et sur le site de la société d'Alzheimer, ça semble très possible. :)
Ce ne sera pas toujours facile, mais l'image d'elle, couchée sur son lit, incapable de se lever et qui attendait que le temps passe... c'était trop difficile à supporter.
Vraiment.
J'ai eu cette idée-là pendant deux-trois jours. Après j'en ai parlé à mon chum, qui était d'accord et qui m'encourageait. Après, deux jours plus tard, incapable de me retenir plus longtemps, j'en ai parlé à ma mère.
Je m'attendais à des protestations de tout genre, des "non" à n'en plus finir, une autre bataille à entamer.
Je lui ai dit, avant d'en parler, de ne pas monter sur ses grands chevaux et que j'étais consciente qu'il y avait encore beaucoup de choses à considérer. Cependant, j'avais bien réfléchi et j'étais déterminé, dans la mesure du possible, à prendre soin de ma grand-mère.
Et elle a dit qu'elle était impressionnée que j'aie eu une idée comme ça, et qu'elle me remerciait de la proposition que je faisais. Et elle a conclu: "Mais ce n'est à moi de décider. C'est au personnel médical. C'est eux qui pourront nous dire si c'est quelque chose de possible ou non."
Le plus surprenant, dans notre conversation, c'est qu'elle aie compris mon principal argument: "On peut rien faire contre la maladie, à part accepter que ça va aller de mal en pire. La chose qu'on peut faire cependant, c'est de l'accompagner dans cette maladie et de lui tenir compagnie quand elle souffre trop. C'est préférable qu'elle vive heureuse deux ans de moins chez moi que triste et désespérée deux ans de plus dans un centre."
Et elle a compris tout ça. "On prendra des rendez-vous avec des spécialistes pour voir si c'est possible."
Et sur le site de la société d'Alzheimer, ça semble très possible. :)
vendredi 3 décembre 2010
28- La fille d'avant
J'avais prévu m'entraîner après le travail. Au lieu de ça, j'ai été faire l'épicerie et je me suis engouffrée de chips.
SAUF QUE!
J'ai mis "Alors on danse" en trame sonore et alors, je me suis levée de mon siège et je me suis mise à danser. Toute seule! Dans mon appartement! Et ça me faisait tellement plaisir de voir mes cheveux revolés de tout sens, tout côtés! Et je me suis rappelée toutes ses soirées passées à fêter les vendredis soirs. L'alcool était peut-être de trop mais le plaisir était réel. Et à ce moment-là, j'étais heureuse. Mes humeurs étaient plus constantes, je me sentais confiante. Après est arrivé le temps des responsabilités, que j'ai pris un peu trop au sérieux. Et les choses ont commencés à s'écrouler une à une.
Mais je pense que je vais recommencer à sauter et à danser comme ça, n'importe comment, au milieu du salon, question de lâcher mon fou! Et je me donne comme objectif de le faire aussi devant mon chum, un jour, très bientôt!
SAUF QUE!
J'ai mis "Alors on danse" en trame sonore et alors, je me suis levée de mon siège et je me suis mise à danser. Toute seule! Dans mon appartement! Et ça me faisait tellement plaisir de voir mes cheveux revolés de tout sens, tout côtés! Et je me suis rappelée toutes ses soirées passées à fêter les vendredis soirs. L'alcool était peut-être de trop mais le plaisir était réel. Et à ce moment-là, j'étais heureuse. Mes humeurs étaient plus constantes, je me sentais confiante. Après est arrivé le temps des responsabilités, que j'ai pris un peu trop au sérieux. Et les choses ont commencés à s'écrouler une à une.
Mais je pense que je vais recommencer à sauter et à danser comme ça, n'importe comment, au milieu du salon, question de lâcher mon fou! Et je me donne comme objectif de le faire aussi devant mon chum, un jour, très bientôt!
27-
En préparant ma soirée de Noël de samedi, je me suis rendue compte d'une chose: je n'ai aucune recette de ma mère. Absolument aucune. Pas de petits cartons pour sa sauce à spaghettis, pas de vieux papiers fripés pour sa tarte aux sucres, rien. Il faut dire aussi qu'elle n'était pas une cuisinière hors-pair. Mais quand même, pas de livres de recette, ni même un judicieux conseil de cuisine dans ma tête.
Ça m'a fait tout drôle. C'était comme me rendre compte d'un manque. D'une anormalité. Le "Tu n'as pas de recette de cuisine de ta mère?" entre dans la catégorie des: "Ton père te bat?!", "Tu n'as pas de parents?!", "Ta sœur est morte?!" à peu de chose près...
Et l'appeler pour lui en demander? Si elle ne me renvoie pas sur Internet, je l'entends déjà soupirer en retirant ses livres de l'armoire pour me répondre.
Le truc, ce n'est pas le fait qu'elle cuisinait de façon pas très exceptionnelle. Je crois plutôt que ce manque, il vient du fait qu'elle détestait cuisiner. Il n'y avait pas d'application, pas d'amour, pas de joie. C'était une corvée, à tous les jours, à tous les soirs. Et quand on a été en âge de prendre le relai, elle nous l'a passé sans délicatesse, sans aide. Elle s'est juste assurée qu'on ne pas mettrait le feu à la maison et ça y est, dans sa tête, on savait comment cuisiner.
Or, manger, c'est un souffle de vie; sans nourriture, on meurt! Alors, c'est comme si ma mère ne nous cuisinait pas un bon petit souper familial mais qu'elle nous "entretenait", qu'elle nous "maintenait" en vie tous les soirs et que cette tâche l'ennuyait à mourir...
C'est ça, qui est terrible dans le fait de ne pas avoir de recettes de sa mère et que lui en demander serait quelque chose de déplacé...
Ça m'a fait tout drôle. C'était comme me rendre compte d'un manque. D'une anormalité. Le "Tu n'as pas de recette de cuisine de ta mère?" entre dans la catégorie des: "Ton père te bat?!", "Tu n'as pas de parents?!", "Ta sœur est morte?!" à peu de chose près...
Et l'appeler pour lui en demander? Si elle ne me renvoie pas sur Internet, je l'entends déjà soupirer en retirant ses livres de l'armoire pour me répondre.
Le truc, ce n'est pas le fait qu'elle cuisinait de façon pas très exceptionnelle. Je crois plutôt que ce manque, il vient du fait qu'elle détestait cuisiner. Il n'y avait pas d'application, pas d'amour, pas de joie. C'était une corvée, à tous les jours, à tous les soirs. Et quand on a été en âge de prendre le relai, elle nous l'a passé sans délicatesse, sans aide. Elle s'est juste assurée qu'on ne pas mettrait le feu à la maison et ça y est, dans sa tête, on savait comment cuisiner.
Or, manger, c'est un souffle de vie; sans nourriture, on meurt! Alors, c'est comme si ma mère ne nous cuisinait pas un bon petit souper familial mais qu'elle nous "entretenait", qu'elle nous "maintenait" en vie tous les soirs et que cette tâche l'ennuyait à mourir...
C'est ça, qui est terrible dans le fait de ne pas avoir de recettes de sa mère et que lui en demander serait quelque chose de déplacé...
mercredi 1 décembre 2010
26- Lutte contre une faucheuse
Hier matin, un vieux s'est effondré dans la rue. Il vacillait et une dame l'a aidé. Je me suis approchée pour l'aider aussi et deux pas plus loin, le pauvre succombait.
- Madame! Appelez le 911. Monsieur! Faites le 911! Le 911!!! S'il vous plaît!! Appelez le 911! Rapidement!
- Monsieur! Monsieur! Vous m'entendez??
Ses yeux me regardent et cherchent à s'accrocher. Les mannequins dans le cours de RCR n'avaient même pas de yeux, eux, et tout le monde autour riait.
- Monsieur, on a appelé l'ambulance, je vais m'occuper de vous.
Mais le vieillard disparaît du monde. Sa tête, qu'il tentait de soulever pour mieux me voir se relâche vers l'arrière. Quand je me penche au-dessus de lui, ses yeux ne me voit plus. Son pantalon est mouillé; sa vessie s'est relâchée.
- S'il vous plaît! Il n'y a pas une couverture dans l'autobus?? Apportez-moi une couverture! Je veux une couverture! Vite!
J'essaie d'écouter dans la panique un souffle vain. J'essaie de sentir un pouls malgré mes mains qui tremblent. Ce n'est pas évident. Ce n'est pas évident. Je ne sais même pas si vraiment, son cœur s'était arrêté. Mais l'homme est visiblement mal. Avant de commencer les manœuvres de réanimation cardiaque, j'hésite sur la bonne position des mains. C'était comment déjà? Les doigts entre les doigts ou les uns au-dessus des autres? Incroyable comme questionnement en un temps pareil! Et puis, allez! On s'en fout!!!!!!! Vas-y direct!! La première poussée ne donne rien,je me repositionne, et je recommence, hésitante au début puis plus confiante après quelques poussées. Dans ma tête, je me répète en boucle: "C'est pas possible, c'est pas possible, c'est pas possible."
Au bout de quelques compressions, il y a un bruit, le bruit que font les morts quand ils ressuscitent dans les films. Et je sens dans son thorax que quelque chose a changé. Le vieux revient à lui, il relève la tête, ne comprend pas ce qui se passe. On lui demande de rester couché, il refuse puis à force d'arguments, il finit par se laisser faire.
Je lui demande son nom, ses médicaments: "Heart", son âge: "86 ans". Ses allergies, d'où il vient, où il va aller maintenant: "À l'hôpital? Mais je viens de là! Je viens de sortir!" Le pauvre... l'hôpital était de l'autre côté de la rue.
Les ambulances, comme c'est long à arriver... Mais tout de même, ça arrive et c'est le plus important. Je lance les informations aux premiers ambulanciers que je vois. Ça y va tout seul. Les ambulanciers prennent place autour de l'homme, ils reprennent la situation en main et tranquillement, ma place est de moins en moins au côté de ce petit vieux. Il va mieux. Moi j'ai envie de pleurer.
Un ambulancier me dit: "Merci" comme une invitation à partir, à lâcher prise sur la situation. Je n'aime pas le statut de spectatrice dans ce genre d'événement. Je trouve ça pervers, malhonnête, croche. Il me reste plus qu'à traverser la rue pour prendre l'autobus, l'envie de pleurer toujours dans la gorge...
Le soir, j'apprends de ma mère que ma grand-mère est tombée et qu'elle va moyennement bien...
- Madame! Appelez le 911. Monsieur! Faites le 911! Le 911!!! S'il vous plaît!! Appelez le 911! Rapidement!
- Monsieur! Monsieur! Vous m'entendez??
Ses yeux me regardent et cherchent à s'accrocher. Les mannequins dans le cours de RCR n'avaient même pas de yeux, eux, et tout le monde autour riait.
- Monsieur, on a appelé l'ambulance, je vais m'occuper de vous.
Mais le vieillard disparaît du monde. Sa tête, qu'il tentait de soulever pour mieux me voir se relâche vers l'arrière. Quand je me penche au-dessus de lui, ses yeux ne me voit plus. Son pantalon est mouillé; sa vessie s'est relâchée.
- S'il vous plaît! Il n'y a pas une couverture dans l'autobus?? Apportez-moi une couverture! Je veux une couverture! Vite!
J'essaie d'écouter dans la panique un souffle vain. J'essaie de sentir un pouls malgré mes mains qui tremblent. Ce n'est pas évident. Ce n'est pas évident. Je ne sais même pas si vraiment, son cœur s'était arrêté. Mais l'homme est visiblement mal. Avant de commencer les manœuvres de réanimation cardiaque, j'hésite sur la bonne position des mains. C'était comment déjà? Les doigts entre les doigts ou les uns au-dessus des autres? Incroyable comme questionnement en un temps pareil! Et puis, allez! On s'en fout!!!!!!! Vas-y direct!! La première poussée ne donne rien,je me repositionne, et je recommence, hésitante au début puis plus confiante après quelques poussées. Dans ma tête, je me répète en boucle: "C'est pas possible, c'est pas possible, c'est pas possible."
Au bout de quelques compressions, il y a un bruit, le bruit que font les morts quand ils ressuscitent dans les films. Et je sens dans son thorax que quelque chose a changé. Le vieux revient à lui, il relève la tête, ne comprend pas ce qui se passe. On lui demande de rester couché, il refuse puis à force d'arguments, il finit par se laisser faire.
Je lui demande son nom, ses médicaments: "Heart", son âge: "86 ans". Ses allergies, d'où il vient, où il va aller maintenant: "À l'hôpital? Mais je viens de là! Je viens de sortir!" Le pauvre... l'hôpital était de l'autre côté de la rue.
Les ambulances, comme c'est long à arriver... Mais tout de même, ça arrive et c'est le plus important. Je lance les informations aux premiers ambulanciers que je vois. Ça y va tout seul. Les ambulanciers prennent place autour de l'homme, ils reprennent la situation en main et tranquillement, ma place est de moins en moins au côté de ce petit vieux. Il va mieux. Moi j'ai envie de pleurer.
Un ambulancier me dit: "Merci" comme une invitation à partir, à lâcher prise sur la situation. Je n'aime pas le statut de spectatrice dans ce genre d'événement. Je trouve ça pervers, malhonnête, croche. Il me reste plus qu'à traverser la rue pour prendre l'autobus, l'envie de pleurer toujours dans la gorge...
Le soir, j'apprends de ma mère que ma grand-mère est tombée et qu'elle va moyennement bien...
lundi 29 novembre 2010
25- Departure in 23 days!
Je suis toute excitée par mon voyage aux Bahamas. Bientôt, notre appartement à Nassau et notre maison à Eleuthera seront définitivement loués. Notre budget s'est maintenant stabilisé et il en coûte moins de 1500$ pour deux semaines aux Bahamas!!! Magnifique! Magnifique!!
Question d'être plus à l'aise avec l'argent, cette semaine, je vais demander un prêt à Desjardins (de toute façon, y m'en fallait un, que je parte ou pas! Alors un p'tit mille de plus ou de moins...!) Mon chum et moi ferons aussi un compte conjoint ensemble, question de mieux gérer nos dépenses communes. Je trouve ça très excitant, très engageant l'un envers l'autre, une belle marque de confiance.
Mes journées -qui étaient déjà très bookées!- le sont encore plus avec les divers petits trucs à faire avant de partir en vacances. Je me suis fixée des objectifs et des échéanciers afin d'y arriver et de me motiver.
Parmi les motivateurs, se trouve la petite fête de Noël que j'organise en secret pour remercier mon chum de m'amener aux Bahamas! Musulman, il n'a jamais fêté Noël et je compte bien lui montrer ce que ça signifie (en dehors de toute notion de "consommation"). À cette date, seront complétés les détails financiers (prêts, compte conjoint, assurance, etc.) et les achats (des costumes de bain à la trousse de premiers soins!)
Question d'être plus à l'aise avec l'argent, cette semaine, je vais demander un prêt à Desjardins (de toute façon, y m'en fallait un, que je parte ou pas! Alors un p'tit mille de plus ou de moins...!) Mon chum et moi ferons aussi un compte conjoint ensemble, question de mieux gérer nos dépenses communes. Je trouve ça très excitant, très engageant l'un envers l'autre, une belle marque de confiance.
Mes journées -qui étaient déjà très bookées!- le sont encore plus avec les divers petits trucs à faire avant de partir en vacances. Je me suis fixée des objectifs et des échéanciers afin d'y arriver et de me motiver.
Parmi les motivateurs, se trouve la petite fête de Noël que j'organise en secret pour remercier mon chum de m'amener aux Bahamas! Musulman, il n'a jamais fêté Noël et je compte bien lui montrer ce que ça signifie (en dehors de toute notion de "consommation"). À cette date, seront complétés les détails financiers (prêts, compte conjoint, assurance, etc.) et les achats (des costumes de bain à la trousse de premiers soins!)
dimanche 28 novembre 2010
24- La contingence
J'ai appris que, dans beaucoup de domaines, ce qui distinguait l'être humain de l'animal, l'unité basal de notre différence, c'était la contingence. Le non-nécessaire.
C'est rendu à un tel point présent dans notre vie qu'on en crée à tous les jours: dans nos discussions, dans nos envies et même, dans nos "besoins". C'est comme un levier virulent qui pousse toujours plus haut et toujours plus vite. On n'y échappe pas. Et y échapper, rendus là où nous sommes, serait un geste tout à fait marginal, inhumain. Cela impliquerait un brusque retour à l'arrière: ne vivre que dans la satisfaction de nos besoins primaires. Toute conversation en dehors de ce but serait à proscrire. On s'emmerderait bien vite. Alors conscient de cet ennui, on pousse vers l'autre extrême, vers la contingence.
Le malheur dans tous ça, c'est que la contingence se soit transformée en nécessité et que la majorité d'entre nous n'en ait pas conscience. C'est qu'en plus de transmettre le virus, on encourage sa propagande. Bien sûr, il faut se divertir; on en est rendu là, et c'est quand même fort agréable. Mais il y a le revers de la médaille; le stress pour des choses idiotes, qu'on croit d'une importance capitale: arriver en retard au travail, par exemple, et toutes les conséquences qui peuvent en découler: le congédiement, la pauvreté, la faim.
C'est ce niveau d'égalité dans l'ordre du primaire et du nécessaire qui tue, qui détruit, qui est malsain. On a démoli les frontières et on s'est illusionné au point maintenant d'en subir les conséquences...
C'est rendu à un tel point présent dans notre vie qu'on en crée à tous les jours: dans nos discussions, dans nos envies et même, dans nos "besoins". C'est comme un levier virulent qui pousse toujours plus haut et toujours plus vite. On n'y échappe pas. Et y échapper, rendus là où nous sommes, serait un geste tout à fait marginal, inhumain. Cela impliquerait un brusque retour à l'arrière: ne vivre que dans la satisfaction de nos besoins primaires. Toute conversation en dehors de ce but serait à proscrire. On s'emmerderait bien vite. Alors conscient de cet ennui, on pousse vers l'autre extrême, vers la contingence.
Le malheur dans tous ça, c'est que la contingence se soit transformée en nécessité et que la majorité d'entre nous n'en ait pas conscience. C'est qu'en plus de transmettre le virus, on encourage sa propagande. Bien sûr, il faut se divertir; on en est rendu là, et c'est quand même fort agréable. Mais il y a le revers de la médaille; le stress pour des choses idiotes, qu'on croit d'une importance capitale: arriver en retard au travail, par exemple, et toutes les conséquences qui peuvent en découler: le congédiement, la pauvreté, la faim.
C'est ce niveau d'égalité dans l'ordre du primaire et du nécessaire qui tue, qui détruit, qui est malsain. On a démoli les frontières et on s'est illusionné au point maintenant d'en subir les conséquences...
mercredi 24 novembre 2010
700- Bahamas
Il y a des choses, même si on les souhaite ardemment, auxquelles on renonce sans même essayer, parce qu'on sait que c'est trop gros, trop grand, trop cher, trop... trop! Comme les voyages dans l'espace quand on est jeune, ou comme la Ferrari, lorsqu'on est un peu plus vieux.
Moi, c'était les Bahamas. Dans ma tête, ces îles appartenaient à la société des riches, des millionnaires et plus. Peut-être, que je me disais quand même, peut-être un jour, mais ça va être moins le fun, vu que je serai vieille, ridée et peut-être grosse.
Et ben non, j'y vais aux Bahamas. Cet hiver en plus, alors que je suis paumée comme je ne l'ai jamais été avant! Bon, c'est la gracieuseté de mon chum, encore une fois! Mais on a trouvé un deal de l'Enfer, lui et moi. 442$ aller-retour, même pas d'escale. Et un autre deal pas d'allure: 120$ la nuit pour une maison avec sa plage privée. Et on travaille fort encore pour trouver d'autres trucs pas croyables de ce genre.
J'ai rigolé avec mon chum: "Je pense que notre destin c'est de mourir ensemble dans un avion. Mais là, comme y'a Dieu qui est tanné de nous attendre, il s'est dit qu'on était trop cheap et donc qu'il fallait nous faire ce dernier cadeau-là! Parce que 442$ pour les Bahamas... c'est pas normal!"
J'espère juste que le crash est prévu pour le retour...!
Ça m'a pris une bonne journée pour réaliser que je partais là-bas! Non seulement, j'allais vivre un de mes rêves les plus fous, mais en plus, j'allais m'extirper d'un Noël infernal en famille! C'est pour ça que je dis que c'est une intervention divine. C'est vraiment pour ça!
Après avoir réalisée que j'allais marcher sur du sable rose à Eleuthera, j'ai gardé la nouvelle pour moi. Je ne sais pas pourquoi, je n'ai pas été capable de le dire à quelqu'un avant trois jours! Et puis c'est sorti dans un ordre très bizarre: les amis de l'Allemagne en premier, mes employeurs, les gens avec qui je travaille, ma meilleure amie, mon autre amie, ma sœur, et puis ma mère, par l'intermédiaire de ma sœur.
Comme si j'appréhendais la réaction de jalousie des gens autour de moi. Il faut dire que, dans le cas de ma mère, je ne me suis pas trompée! Il paraît que l'humeur de ma mère est devenu maussade à un point incroyable! Au téléphone, j'ai entendu ma sœur se fâcher contre ma mère parce que s'en était rendu insupportable. D'un coup.
- Maman! Elle s'en va aux Bahamas!
J'ai dit à ma sœur de lui faire la blague suivante: "Au moins, elle aura plus peur qu'il m'enferme sous une burka!"
Elle ne l'a pas trouvé drôle, il paraît!
Moi, c'était les Bahamas. Dans ma tête, ces îles appartenaient à la société des riches, des millionnaires et plus. Peut-être, que je me disais quand même, peut-être un jour, mais ça va être moins le fun, vu que je serai vieille, ridée et peut-être grosse.
Et ben non, j'y vais aux Bahamas. Cet hiver en plus, alors que je suis paumée comme je ne l'ai jamais été avant! Bon, c'est la gracieuseté de mon chum, encore une fois! Mais on a trouvé un deal de l'Enfer, lui et moi. 442$ aller-retour, même pas d'escale. Et un autre deal pas d'allure: 120$ la nuit pour une maison avec sa plage privée. Et on travaille fort encore pour trouver d'autres trucs pas croyables de ce genre.
J'ai rigolé avec mon chum: "Je pense que notre destin c'est de mourir ensemble dans un avion. Mais là, comme y'a Dieu qui est tanné de nous attendre, il s'est dit qu'on était trop cheap et donc qu'il fallait nous faire ce dernier cadeau-là! Parce que 442$ pour les Bahamas... c'est pas normal!"
J'espère juste que le crash est prévu pour le retour...!
Ça m'a pris une bonne journée pour réaliser que je partais là-bas! Non seulement, j'allais vivre un de mes rêves les plus fous, mais en plus, j'allais m'extirper d'un Noël infernal en famille! C'est pour ça que je dis que c'est une intervention divine. C'est vraiment pour ça!
Après avoir réalisée que j'allais marcher sur du sable rose à Eleuthera, j'ai gardé la nouvelle pour moi. Je ne sais pas pourquoi, je n'ai pas été capable de le dire à quelqu'un avant trois jours! Et puis c'est sorti dans un ordre très bizarre: les amis de l'Allemagne en premier, mes employeurs, les gens avec qui je travaille, ma meilleure amie, mon autre amie, ma sœur, et puis ma mère, par l'intermédiaire de ma sœur.
Comme si j'appréhendais la réaction de jalousie des gens autour de moi. Il faut dire que, dans le cas de ma mère, je ne me suis pas trompée! Il paraît que l'humeur de ma mère est devenu maussade à un point incroyable! Au téléphone, j'ai entendu ma sœur se fâcher contre ma mère parce que s'en était rendu insupportable. D'un coup.
- Maman! Elle s'en va aux Bahamas!
J'ai dit à ma sœur de lui faire la blague suivante: "Au moins, elle aura plus peur qu'il m'enferme sous une burka!"
Elle ne l'a pas trouvé drôle, il paraît!
vendredi 19 novembre 2010
23- La richesse des pauvres
Les études coûtent chers. Pas à cause des frais scolaires, mais à cause du temps nécessaire à l'étude qui nous empêche de travailler ou alors d'avoir une vie sociale décente (il y a un choix à faire!) C'est d'autant plus difficile lorsque l'on ne reçoit pas d'aide.
Il y a deux ans, j'ai entamé une procédure pouvant me donner le critère d'autonomie. Ce critère, une fois obtenu, permet de ne plus considérer le revenu des parents dans ceux de l'étudiant (car l'aide financière considère que tous les parents aident leurs enfants dans leur étude... c'est à leur yeux une vérité fondamentale -qui n'est pas inscrite dans les gènes de ma mère et de beaucoup d'autres parents, aux dires de plusieurs étudiants)
En septembre, j'étais donc supposée recevoir des bourses, car, sans le salaire de ma mère, je suis pauvre (avant, je ne l'étais pas.....) Mais une erreur s'est glissée dans mon dossier. Une erreur, une maladresse, une connerie. En septembre, enfin, sonnait ma délivrance lorsque j'apportais l'épais dossier contenant les nombreuses et interminables preuves nécessaires pour obtenir ce fameux critère d'autonomie. Mais quelques semaines plus tard, je reçois un fatidique coup de téléphone: je suis refusée à l'aide financière. Pire encore! Je n'étais même pas accessible aux prêts que j'ai toujours eu!
Nous étions fin septembre... la période d'embauche est terminée. Il m'a fallu quelques autres semaines pour me trouver un deuxième emploi pouvant me donner plus d'heures. Entre temps, j'avais grugé sur mes économies en attendant de recevoir l'argent du gouvernement. Afin de rembourser les dettes accumulées depuis septembre, je devais travailler un minimum de 30 heures par semaine, en plus de mes trois cours d'université et de cégep.
Je n'ai pas pu taugher plus de trois semaines. J'étais en larmes, complètement épuisée et découragée. Malgré tous les efforts que je faisais, l'argent aussitôt arrivé, partait pour le paiement des comptes. J'ai remis mes priorités en ordre: il fallait finir les cours du cégep en premier, sinon, je ne serai pas admise à l'université en janvier et je n'aurai pas d'argent à ce moment-là. Alors j'ai descendu le nombre d'heures de travail au minimum: 20 heures.
À la mi-session, le cégep était très bien avancé, mais j'ai eu des très mauvais résultats à l'université. J'ai lâché un travail: 15 heures. Maintenant, je n'ai plus d'argent. Je dois emprunter pour manger et c'est à peine si je m'offre le luxe de me chauffer. J'en suis rendue à ce point-là.
La pauvreté, à Montréal, à quelque chose d'absurde. J'ai Internet, j'ai un iPhone (bon... reçu en cadeau!), j'ai un appartement, j'ai une télévision (reçu en cadeau aussi), mais je n'ai pas de foutu argent pour m'acheter un café à 1,50$!
Comme si ce n'était pas suffisant, je suis tellement à cran que je tombe malade à rien. Tout pour optimiser mon efficacité! Et j'ai presque envie de me battre lorsque je dois dépenser l'argent de l'épicerie pour... des médicaments!!!!!!
Oui... je pourrai aller courir pour me déstresser et renforcer mon système immunitaire, mais le gym de l'université est loin (45min) et... comme on a faim en revenant de s'entraîner!!! Alors ce que je fais, jour après jour, c'est des devoirs, de l'école, du travail et du dodo. Parfois, mon chum brise cette routine, mais c'est bien le seul que je vois plus d'une fois par semaine.
Rien. De. Plus.
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Quand je dis que la pauvreté a des allures absurdes: mon chum vient de m'offrir un voyage aux Bahamas cet hiver!
Il y a deux ans, j'ai entamé une procédure pouvant me donner le critère d'autonomie. Ce critère, une fois obtenu, permet de ne plus considérer le revenu des parents dans ceux de l'étudiant (car l'aide financière considère que tous les parents aident leurs enfants dans leur étude... c'est à leur yeux une vérité fondamentale -qui n'est pas inscrite dans les gènes de ma mère et de beaucoup d'autres parents, aux dires de plusieurs étudiants)
En septembre, j'étais donc supposée recevoir des bourses, car, sans le salaire de ma mère, je suis pauvre (avant, je ne l'étais pas.....) Mais une erreur s'est glissée dans mon dossier. Une erreur, une maladresse, une connerie. En septembre, enfin, sonnait ma délivrance lorsque j'apportais l'épais dossier contenant les nombreuses et interminables preuves nécessaires pour obtenir ce fameux critère d'autonomie. Mais quelques semaines plus tard, je reçois un fatidique coup de téléphone: je suis refusée à l'aide financière. Pire encore! Je n'étais même pas accessible aux prêts que j'ai toujours eu!
Nous étions fin septembre... la période d'embauche est terminée. Il m'a fallu quelques autres semaines pour me trouver un deuxième emploi pouvant me donner plus d'heures. Entre temps, j'avais grugé sur mes économies en attendant de recevoir l'argent du gouvernement. Afin de rembourser les dettes accumulées depuis septembre, je devais travailler un minimum de 30 heures par semaine, en plus de mes trois cours d'université et de cégep.
Je n'ai pas pu taugher plus de trois semaines. J'étais en larmes, complètement épuisée et découragée. Malgré tous les efforts que je faisais, l'argent aussitôt arrivé, partait pour le paiement des comptes. J'ai remis mes priorités en ordre: il fallait finir les cours du cégep en premier, sinon, je ne serai pas admise à l'université en janvier et je n'aurai pas d'argent à ce moment-là. Alors j'ai descendu le nombre d'heures de travail au minimum: 20 heures.
À la mi-session, le cégep était très bien avancé, mais j'ai eu des très mauvais résultats à l'université. J'ai lâché un travail: 15 heures. Maintenant, je n'ai plus d'argent. Je dois emprunter pour manger et c'est à peine si je m'offre le luxe de me chauffer. J'en suis rendue à ce point-là.
La pauvreté, à Montréal, à quelque chose d'absurde. J'ai Internet, j'ai un iPhone (bon... reçu en cadeau!), j'ai un appartement, j'ai une télévision (reçu en cadeau aussi), mais je n'ai pas de foutu argent pour m'acheter un café à 1,50$!
Comme si ce n'était pas suffisant, je suis tellement à cran que je tombe malade à rien. Tout pour optimiser mon efficacité! Et j'ai presque envie de me battre lorsque je dois dépenser l'argent de l'épicerie pour... des médicaments!!!!!!
Oui... je pourrai aller courir pour me déstresser et renforcer mon système immunitaire, mais le gym de l'université est loin (45min) et... comme on a faim en revenant de s'entraîner!!! Alors ce que je fais, jour après jour, c'est des devoirs, de l'école, du travail et du dodo. Parfois, mon chum brise cette routine, mais c'est bien le seul que je vois plus d'une fois par semaine.
Rien. De. Plus.
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Quand je dis que la pauvreté a des allures absurdes: mon chum vient de m'offrir un voyage aux Bahamas cet hiver!
jeudi 18 novembre 2010
22- RÉER vs. Épargne
En mars dernier, j'ai fait une chose que je n'ai jamais fait auparavant: j'ai investi dans des RÉER. C'est une de mes amies qui travaille chez Desjardins qui m'a un peu poussé à le faire. Bon, soucieuse de passer du bon temps à ma retraite, ça faisait longtemps que j'y pensais... mais de là à passer à l'acte...
Bref... huit mois plus tard, je me rends compte que les intérêts courus sont de BEAUCOUP moindre qu'un placement que j'ai fait à la même époque. En gros, mis à part que c'est "libre d'impôt", il n'y a rien du tout d'intéressant dans un RÉER. À la limite, la remise d'argent sur la maison ou j'sais pas... mais ça doit être une autre arnaque.
C'est que, derrière les RÉER, il y a des frais de gestion/d'administration/de ??? ce qui gobe une bonne partie des intérêts gagnés. J'ai lu ça quelque part dans un journal. Mais les faits sont là: mon épargne à terme m'a plus rapporté et il m'a sorti de la schnout (marde) ce mois-ci.
Épargne à terme: 2
RÉER: 0
On a un gagnant!
De toute façon, fallait s'y attendre. À chaque fois que je suis sur le point de me croire riche, quelque chose arrive. Au moins, l'inverse est aussi vrai: À chaque fois que je suis sur le point de me retrouver sur la paille, quelque chose me sauve!
Bref... huit mois plus tard, je me rends compte que les intérêts courus sont de BEAUCOUP moindre qu'un placement que j'ai fait à la même époque. En gros, mis à part que c'est "libre d'impôt", il n'y a rien du tout d'intéressant dans un RÉER. À la limite, la remise d'argent sur la maison ou j'sais pas... mais ça doit être une autre arnaque.
C'est que, derrière les RÉER, il y a des frais de gestion/d'administration/de ??? ce qui gobe une bonne partie des intérêts gagnés. J'ai lu ça quelque part dans un journal. Mais les faits sont là: mon épargne à terme m'a plus rapporté et il m'a sorti de la schnout (marde) ce mois-ci.
Épargne à terme: 2
RÉER: 0
On a un gagnant!
De toute façon, fallait s'y attendre. À chaque fois que je suis sur le point de me croire riche, quelque chose arrive. Au moins, l'inverse est aussi vrai: À chaque fois que je suis sur le point de me retrouver sur la paille, quelque chose me sauve!
mardi 16 novembre 2010
21- L'argent, les hippies et les grèves étudiantes
Par Facebook, j'ai appris que le département des sciences humaines de l'UQÀM (quelle nouvelle...) serait en grève pendant trois jours pour la même et unique raison que les trois-quatre autres dernières années: les prêts et bourses qui.. blablabla. Comme quoi, les étudiants font preuves d'imagination.
Ce que je trouve le plus exaspérant, c'est que ces belles p'tites têtes à claque qui décident de faire une levée de cours choisissent toujours les fins de session. Y-a-t-il un lien de causalité?! Hmmm! Je me le demande bien!
Cela dit, je suis en gros tabarnak devant ces ados-similis-adultes-révoltés-à-tendance-hippies-chics-et-écolos. Parce que oui, ce sont des adolescents qui ont les hormones dans le plafond et qui savent pas encore les contrôler comme des adultes. Ils vénèrent les Baby Boomers qui ont fucké, qui fuck et qui vont fucké notre système dans plusieurs domaines. Et en plus, ils se disent hippies mais se promènent avec un iPod/iPhone/iTruc dans les mains en pétant une coche au premier individu qui jette une facture de papier à la poubelle plutôt qu'à la récupération.
Ben oui! Parce que la session passée, j'en ai vu manifesté avec des appareils téléphoniques à 500$! Et j'ai même vu un dude se promener avec un pupitre d'école dans la rue, preuve qu'en matière d'argent et de budget, c'est la compréhension totale. Sans parler des pitounes qui manifestent en talons-hauts parce qu'elles sont tannées, pour une fois, de magasiner pendant leurs cours universitaires...
Non, mais t'sais... la moitié de ces étudiants-là ont un flat screen, une console de jeux, se bourrent d'alcool (weed) à longueur de semaine, partent en vacances une fois par an, et peuvent demander à papa-maman de l'argent n'importe quand.
Rétablissons les faits. Sur une affiche de l'UQÀM, j'ai vu (SCANDALE!) qu'un étudiant recevait 7$ par jour pour se nourrir. Cela fait 49$ par semaine d'épicerie. En oubliant la caisse de bières, les produits bios et naturelles et en focussant sur les spéciaux, 50$ d'épicerie par semaine, c'est en masse!
Sur une autre affiche, j'ai vu qu'un étudiant recevait 2350$ et des poussières pour ses frais de scolarité pour deux sessions. Admettons qu'une session coûte 1200$, fois deux, ça revient à 2400$. C'est 50$ à débourser de ses poches. Et les cahiers, et les crayons, et les manuels? Ben gardez-les vos reçus! Mettez ça dans vos impôts pis vous les payerez pas! D'ailleurs, même si c'est le gouvernement qui "paie" les études, y'a pas un maudit étudiant qui va avoir la franchise et l'honnêteté de ne pas mettre dans ses impôts la facture de ses études!!!!!!!!
Et l'appartement? Et l'abonnement au gym? Et le psy pour apprendre à gérer la pression/le stress/la dépression saisonnière? Et l'électricité? Et Internet? Et le reste?
Quoi le reste? Quel reste? Le gouvernement ne paie pas pour que les étudiants étudient dans le luxe. Le montant donné par les prêts et bourses est suffisant pour les besoins essentiels. Et encore! Un prêtre qui achète rien, se contente de peu, vit dans le vœu de la pauvreté sans jamais avoir faim, se sentirait riche, réussirait à faire des économies et irait se dorer la couenne en Floride avec l'argent du gouvernement!
Cela dit, la pauvreté étudiante existe, tout comme la détresse et l'abandon des cours du aux coûts inabordables des études pour certains. Le problème alors ne vient pas de l'argent reçu par l'aide financière aux études, car ce qu'ils donnent est TRÈS correcte. Ce n'est pas le coût des frais de scolarité(payer moins cher = moins de service, moins bonne qualité des cours, classes surchargés, profs en burn-out, etc.) Le problème, c'est l'ACCESSIBILITÉ aux critères des prêts et bourses.
La bureaucratie exige des papiers pour TOUT. Tu ne parles pas à une personne, tu parles à un formulaire qui coche les cases des critères auxquels tu corresponds. Tu arrives au guichet de l'aide financière, on te demande ton code permanent avant de te dire un bonjour. Les situations particulières ne sont pas prises en compte, tu dois fitter dans le boule. Nombre d'étudiants ne reçoivent pas d'aide parce que leurs parents sont trop riches (mais ceux-ci ne donnent rien à leurs enfants). Beaucoup aussi ont des enfants sous les bras, mais parce qu'ils leur manquent un critère, ils passent à côté d'une aide financière considérable. On refuse aussi de l'aide financière à ceux qui change de statut pendant l'année scolaire (temps partiel à la session automne, temps plein à la session d'hiver). Cela n'a aucune logique, mais cela est pourtant et mets dans la merde beaucoup d'étudiants!
Donc voilà ce que les hippies uqàmiens devraient réclamer: assouplissement des critères d'admission aux prêts et bourses, quitte à diminuer les prêts et bourses reçus par certains étudiants. Assouplissement et flexibilité, ouverture d'esprit et contact humain. Véritable source d'aide à l'étudiant. Et ça, ce n'est pas la mère à boire pour exaucer.
Ce que je trouve le plus exaspérant, c'est que ces belles p'tites têtes à claque qui décident de faire une levée de cours choisissent toujours les fins de session. Y-a-t-il un lien de causalité?! Hmmm! Je me le demande bien!
Cela dit, je suis en gros tabarnak devant ces ados-similis-adultes-révoltés-à-tendance-hippies-chics-et-écolos. Parce que oui, ce sont des adolescents qui ont les hormones dans le plafond et qui savent pas encore les contrôler comme des adultes. Ils vénèrent les Baby Boomers qui ont fucké, qui fuck et qui vont fucké notre système dans plusieurs domaines. Et en plus, ils se disent hippies mais se promènent avec un iPod/iPhone/iTruc dans les mains en pétant une coche au premier individu qui jette une facture de papier à la poubelle plutôt qu'à la récupération.
Ben oui! Parce que la session passée, j'en ai vu manifesté avec des appareils téléphoniques à 500$! Et j'ai même vu un dude se promener avec un pupitre d'école dans la rue, preuve qu'en matière d'argent et de budget, c'est la compréhension totale. Sans parler des pitounes qui manifestent en talons-hauts parce qu'elles sont tannées, pour une fois, de magasiner pendant leurs cours universitaires...
Non, mais t'sais... la moitié de ces étudiants-là ont un flat screen, une console de jeux, se bourrent d'alcool (weed) à longueur de semaine, partent en vacances une fois par an, et peuvent demander à papa-maman de l'argent n'importe quand.
Rétablissons les faits. Sur une affiche de l'UQÀM, j'ai vu (SCANDALE!) qu'un étudiant recevait 7$ par jour pour se nourrir. Cela fait 49$ par semaine d'épicerie. En oubliant la caisse de bières, les produits bios et naturelles et en focussant sur les spéciaux, 50$ d'épicerie par semaine, c'est en masse!
Sur une autre affiche, j'ai vu qu'un étudiant recevait 2350$ et des poussières pour ses frais de scolarité pour deux sessions. Admettons qu'une session coûte 1200$, fois deux, ça revient à 2400$. C'est 50$ à débourser de ses poches. Et les cahiers, et les crayons, et les manuels? Ben gardez-les vos reçus! Mettez ça dans vos impôts pis vous les payerez pas! D'ailleurs, même si c'est le gouvernement qui "paie" les études, y'a pas un maudit étudiant qui va avoir la franchise et l'honnêteté de ne pas mettre dans ses impôts la facture de ses études!!!!!!!!
Et l'appartement? Et l'abonnement au gym? Et le psy pour apprendre à gérer la pression/le stress/la dépression saisonnière? Et l'électricité? Et Internet? Et le reste?
Quoi le reste? Quel reste? Le gouvernement ne paie pas pour que les étudiants étudient dans le luxe. Le montant donné par les prêts et bourses est suffisant pour les besoins essentiels. Et encore! Un prêtre qui achète rien, se contente de peu, vit dans le vœu de la pauvreté sans jamais avoir faim, se sentirait riche, réussirait à faire des économies et irait se dorer la couenne en Floride avec l'argent du gouvernement!
Cela dit, la pauvreté étudiante existe, tout comme la détresse et l'abandon des cours du aux coûts inabordables des études pour certains. Le problème alors ne vient pas de l'argent reçu par l'aide financière aux études, car ce qu'ils donnent est TRÈS correcte. Ce n'est pas le coût des frais de scolarité(payer moins cher = moins de service, moins bonne qualité des cours, classes surchargés, profs en burn-out, etc.) Le problème, c'est l'ACCESSIBILITÉ aux critères des prêts et bourses.
La bureaucratie exige des papiers pour TOUT. Tu ne parles pas à une personne, tu parles à un formulaire qui coche les cases des critères auxquels tu corresponds. Tu arrives au guichet de l'aide financière, on te demande ton code permanent avant de te dire un bonjour. Les situations particulières ne sont pas prises en compte, tu dois fitter dans le boule. Nombre d'étudiants ne reçoivent pas d'aide parce que leurs parents sont trop riches (mais ceux-ci ne donnent rien à leurs enfants). Beaucoup aussi ont des enfants sous les bras, mais parce qu'ils leur manquent un critère, ils passent à côté d'une aide financière considérable. On refuse aussi de l'aide financière à ceux qui change de statut pendant l'année scolaire (temps partiel à la session automne, temps plein à la session d'hiver). Cela n'a aucune logique, mais cela est pourtant et mets dans la merde beaucoup d'étudiants!
Donc voilà ce que les hippies uqàmiens devraient réclamer: assouplissement des critères d'admission aux prêts et bourses, quitte à diminuer les prêts et bourses reçus par certains étudiants. Assouplissement et flexibilité, ouverture d'esprit et contact humain. Véritable source d'aide à l'étudiant. Et ça, ce n'est pas la mère à boire pour exaucer.
lundi 15 novembre 2010
20- La mère
Ma mère...
À la fin de cet été et au début de l'automne, ma mère a fait plusieurs actions qui m'ont amené à prendre une grande décision: l'écarter de ma vie. Depuis, je me sens mieux. Véritablement mieux. Je n'ai plus de pression, je n'ai plus de stress, je me sens libérée et même, pour pousser jusqu'au zèle (et aussi parce que c'est un peu drôle), ma vie sexuelle s'en porte mieux !!
Non, pour vrai, je me sens comme ce chat qui vient de cracher une vilaine boule de poils qui était coincée depuis fort très longtemps. Parce que ma mère, c'est un gros tapon de poils entremêlé où la poussière et autres minuscules déchets s'est pris entre les filaments. Elle est remplie de vide où de vieux fantômes sont venus se pendre. C'est un tas de problèmes qui se mélangent les uns aux autres et à cause des nombreux nœuds, on arrive jamais à en connaître l'origine, la cause, la raison, le pourquoi du commun. On se fatigue à essayer de comprendre, de voir clair, de chercher un sens. On finit simplement par se perdre, se faire prendre et ensuite, vouloir se pendre.
Je ne me sens même pas capable d'avoir une once de dégoût sur ce que je suis en train de dire: j'en ai marre. Ma mère est un monstre gluant semblable à une sangsue, mais sans les vertus thérapeutiques de celles-ci, il faut le préciser. À plusieurs reprises, j'ai voulu me détacher d'elle, m'enlever à son emprise, toujours avec plus ou moins de succès, d'échecs.
Une fois, je suis même allée au poste de police tellement j'en avais marre. On a parlé de la DPJ. Ma mère s'est effrayée, moi aussi. Je trouvais ça pas mal gros, la DPJ, t'sais, pour une mère qui frappe pas et qui nous nourrit bien. Mais j'avais, quoi... 14-15 ans? C'était facile pour ma mère de me faire alors passer pour une folle. Et c'était facile pour la DPJ de se dire: elle est assez vieille pour savoir ce qu'elle fait.
Ben non. Ostie. J'aurais du continuer les démarches. Je me suis faite entourloupée par ma mère. J'ai rembarqué sur le bateau familial sans savoir comment et tout en continuant de vomir par-dessus bord, je regardais le rivage qui s'éloignait, s'éloignait, s'éloignait.
Après ça, je suis sûre que ma mère a commencé à me détester. Moi aussi je la détestais, mais je savais pas trop vraiment pourquoi encore. Ma mère est intelligente, quand même, c'est une bonne manipulatrice, en somme.
J'ai chié tout ce que j'avais pour enfin pouvoir partir en appartement. C'est finalement un coup de poing à la tête lancé par mon frère après une sérieuse engueulade avec ma mère qui m'a fait décampé. En une semaine, j'avais trouvé mon coloc pis mon appart. Deux semaines plus tard, je partais sous les yeux peinés de ma mère qui me trouvait don jeune pour partir. Mais elle devait choisir: mon frère ne remettrait pas les pieds à la maison tant et aussi longtemps que j'étais à la maison. C'était un demi-mal.
Maudit que j'étais bien à l'époque. Le cégep, l'aide financière, le boulot, les amis, les sortis. Je me sentais à l'époque où je jouais à la grande alors que j'en avais 5. Je me suis débrouillée pas mal, j'étais bien. Le jeu entre ma mère et moi s'est calmé. Je me suis rapprochée, ma mère m'a de nouveau encerclé.
Alors je suis partie en Allemagne et juste avant, j'ai eu une de ces fameuses discussions, pire que dans le pire des films les plus pathétiques sur les départs dans un autre pays. Je l'ai cru folle. Je suis partie soulagée.
À mon retour, tentative de ma mère de me garder sous son aile. Échec. Elle était trop occupée par son emploi, j'imagine. Le cœur y était moins. Ce fut facile de revenir en appartement, pas de résistance. Elle était juste déçue que je sois si pressée de partir de chez elle. Ça l'aurait flatté que je m'éternise un peu et ça l'aurait rendue heureuse de me mettre dehors à cause de mon stock dans le garage qui commence à prendre d'la place... comme si ça pouvait gonfler au fil des mois qui passent...
Il y a eu encore ce jeu de chat et de souris qui s'agacent. Elle semble être devenue gentille, je viens, j'approche, elle sort les griffes, je m'éloigne, elle fait le chat qui dort et je reviens, la croyant de nouveau inoffensive.
À force de venir et de partir comme ça, j'ai fini enfin par comprendre véritablement en quoi consistait la manipulation de ma mère. Le pire dans tout ça, c'est qu'elle y excelle tellement bien, et c'est rendu si naturel pour elle qu'elle juge maintenant son comportement de normal et qu'elle est incapable d'y voir une quelconque faute.
Peut-être aussi que c'est plus profond que ça. Peut-être qu'elle est incapable d'aimer. Allez savoir ce qui l'a rendu si inapte à cette aptitude. en fait, j'ai réalisé en parlant avec une amie, l'autre jour, que j'ai de magnifiques souvenirs d'enfance avec ma mère, mais qu'après la mort de mon père, les bons souvenirs s'espacent pour laisser place à des souvenirs désagréables.
Bref, depuis septembre, je n'ai pas vu ma mère et je m'en porte merveilleusement bien. Cependant, hier, ma mère, écœurée de se faire ignorer par moi, m'a poliment conviée avec toute sa bonne vieille manipulation à une petite soirée dans un café, après mon travail. Elle ira même me reconduire jusqu'à chez moi après, comme ça, j'aurai plus de temps pour faire mes devoirs. Le tout avec un ton sec, un débit rapide, et un point d'interrogation où la réponse est déjà incluse dans la question.
Ce soir-là, elle m'a scrappé ma soirée.
La dite soirée fantastique était programmée pour vendredi de cette semaine, mais, miracle! ma boss m'envoie un SMS pour me demander si j'étais d'accord pour changer de shift et m'envoyer dans une autre école où je terminerai trop tard pour la rencontre annoncée avec ma mère.
Cette soirée-là, ma boss a fait ma semaine.
À la fin de cet été et au début de l'automne, ma mère a fait plusieurs actions qui m'ont amené à prendre une grande décision: l'écarter de ma vie. Depuis, je me sens mieux. Véritablement mieux. Je n'ai plus de pression, je n'ai plus de stress, je me sens libérée et même, pour pousser jusqu'au zèle (et aussi parce que c'est un peu drôle), ma vie sexuelle s'en porte mieux !!
Non, pour vrai, je me sens comme ce chat qui vient de cracher une vilaine boule de poils qui était coincée depuis fort très longtemps. Parce que ma mère, c'est un gros tapon de poils entremêlé où la poussière et autres minuscules déchets s'est pris entre les filaments. Elle est remplie de vide où de vieux fantômes sont venus se pendre. C'est un tas de problèmes qui se mélangent les uns aux autres et à cause des nombreux nœuds, on arrive jamais à en connaître l'origine, la cause, la raison, le pourquoi du commun. On se fatigue à essayer de comprendre, de voir clair, de chercher un sens. On finit simplement par se perdre, se faire prendre et ensuite, vouloir se pendre.
Je ne me sens même pas capable d'avoir une once de dégoût sur ce que je suis en train de dire: j'en ai marre. Ma mère est un monstre gluant semblable à une sangsue, mais sans les vertus thérapeutiques de celles-ci, il faut le préciser. À plusieurs reprises, j'ai voulu me détacher d'elle, m'enlever à son emprise, toujours avec plus ou moins de succès, d'échecs.
Une fois, je suis même allée au poste de police tellement j'en avais marre. On a parlé de la DPJ. Ma mère s'est effrayée, moi aussi. Je trouvais ça pas mal gros, la DPJ, t'sais, pour une mère qui frappe pas et qui nous nourrit bien. Mais j'avais, quoi... 14-15 ans? C'était facile pour ma mère de me faire alors passer pour une folle. Et c'était facile pour la DPJ de se dire: elle est assez vieille pour savoir ce qu'elle fait.
Ben non. Ostie. J'aurais du continuer les démarches. Je me suis faite entourloupée par ma mère. J'ai rembarqué sur le bateau familial sans savoir comment et tout en continuant de vomir par-dessus bord, je regardais le rivage qui s'éloignait, s'éloignait, s'éloignait.
Après ça, je suis sûre que ma mère a commencé à me détester. Moi aussi je la détestais, mais je savais pas trop vraiment pourquoi encore. Ma mère est intelligente, quand même, c'est une bonne manipulatrice, en somme.
J'ai chié tout ce que j'avais pour enfin pouvoir partir en appartement. C'est finalement un coup de poing à la tête lancé par mon frère après une sérieuse engueulade avec ma mère qui m'a fait décampé. En une semaine, j'avais trouvé mon coloc pis mon appart. Deux semaines plus tard, je partais sous les yeux peinés de ma mère qui me trouvait don jeune pour partir. Mais elle devait choisir: mon frère ne remettrait pas les pieds à la maison tant et aussi longtemps que j'étais à la maison. C'était un demi-mal.
Maudit que j'étais bien à l'époque. Le cégep, l'aide financière, le boulot, les amis, les sortis. Je me sentais à l'époque où je jouais à la grande alors que j'en avais 5. Je me suis débrouillée pas mal, j'étais bien. Le jeu entre ma mère et moi s'est calmé. Je me suis rapprochée, ma mère m'a de nouveau encerclé.
Alors je suis partie en Allemagne et juste avant, j'ai eu une de ces fameuses discussions, pire que dans le pire des films les plus pathétiques sur les départs dans un autre pays. Je l'ai cru folle. Je suis partie soulagée.
À mon retour, tentative de ma mère de me garder sous son aile. Échec. Elle était trop occupée par son emploi, j'imagine. Le cœur y était moins. Ce fut facile de revenir en appartement, pas de résistance. Elle était juste déçue que je sois si pressée de partir de chez elle. Ça l'aurait flatté que je m'éternise un peu et ça l'aurait rendue heureuse de me mettre dehors à cause de mon stock dans le garage qui commence à prendre d'la place... comme si ça pouvait gonfler au fil des mois qui passent...
Il y a eu encore ce jeu de chat et de souris qui s'agacent. Elle semble être devenue gentille, je viens, j'approche, elle sort les griffes, je m'éloigne, elle fait le chat qui dort et je reviens, la croyant de nouveau inoffensive.
À force de venir et de partir comme ça, j'ai fini enfin par comprendre véritablement en quoi consistait la manipulation de ma mère. Le pire dans tout ça, c'est qu'elle y excelle tellement bien, et c'est rendu si naturel pour elle qu'elle juge maintenant son comportement de normal et qu'elle est incapable d'y voir une quelconque faute.
Peut-être aussi que c'est plus profond que ça. Peut-être qu'elle est incapable d'aimer. Allez savoir ce qui l'a rendu si inapte à cette aptitude. en fait, j'ai réalisé en parlant avec une amie, l'autre jour, que j'ai de magnifiques souvenirs d'enfance avec ma mère, mais qu'après la mort de mon père, les bons souvenirs s'espacent pour laisser place à des souvenirs désagréables.
Bref, depuis septembre, je n'ai pas vu ma mère et je m'en porte merveilleusement bien. Cependant, hier, ma mère, écœurée de se faire ignorer par moi, m'a poliment conviée avec toute sa bonne vieille manipulation à une petite soirée dans un café, après mon travail. Elle ira même me reconduire jusqu'à chez moi après, comme ça, j'aurai plus de temps pour faire mes devoirs. Le tout avec un ton sec, un débit rapide, et un point d'interrogation où la réponse est déjà incluse dans la question.
Ce soir-là, elle m'a scrappé ma soirée.
La dite soirée fantastique était programmée pour vendredi de cette semaine, mais, miracle! ma boss m'envoie un SMS pour me demander si j'étais d'accord pour changer de shift et m'envoyer dans une autre école où je terminerai trop tard pour la rencontre annoncée avec ma mère.
Cette soirée-là, ma boss a fait ma semaine.
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